Réponse à la publication de M. Jean-Paul Mulot, conseiller régional des Hauts-de-France, suite à ma tribune sur l’Institut pour la Photographie de Xavier Bertrand.
M. Mulot ouvre son texte en écrivant qu’il est des tribunes qui en disent plus long sur leur auteur que sur leur objet. La formule est juste. Je la lui laisse.
Il est aussi des réponses qui en disent plus long sur ceux qui les commandent que sur celui qu’elles visent. À une question de comptabilité publique (où sont passés trente-deux millions d’euros dépensés pour l’Institut pour la Photographie des Hauts-de-France?), la Région n’oppose pas un chiffre. Elle oppose un texte dédié à ma personne et à mes combats, texte signé par un conseiller régional délégué aux relations internationales. Pas une ligne sur les montants dépensés et leur justification. Pas de calendrier explicatif. Pas un mot du projet architectural, ni du cahier des charges.
Un texte signé par un conseiller régional qui doit à Xavier Bertrand chacune de ses fonctions. Car il est enfin des curriculum vitae qui sont éloquents. Inconnu dans le monde culturel certes, mais connu comme un proche du président de Région. Xavier Bertrand l’a nommé représentant de la Région au Royaume-Uni en 2017. Xavier Bertrand lui a confié sa délégation régionale en 2021. Il a été porte-parole du think tank fondé par Xavier Bertrand. Trois fonctions, systématiquement confiées par Xavier Bertrand. Pas une ligne de CV liée à la photographie, mais une compétence reconnue sur les parcs et jardins… Édifiant.
Pour répondre factuellement et précisément, je suivrai donc l’ordre de ce texte pour y répondre point par point.
1. Le partenariat avec Arles fonctionne dans un seul sens
Selon M. Mulot, « l’Institut pour la Photographie de Lille est né d’une rencontre et d’un partenariat fort avec les Rencontres de la Photographie d’Arles ». C’est par là qu’il commence. Regardons ce que ce partenariat a été.
En juillet 2017, à Arles, Xavier Bertrand confie au directeur des Rencontres, Sam Stourdzé, le soin d’établir l’état des lieux de la photographie dans les Hauts-de-France et de tracer les pistes du futur institut. Faire dresser l’inventaire de nos forces par le dirigeant d’une institution située à près de mille kilomètres : voilà le partenariat.
Ce n’est pas moi qui le dis. C’est Marin Karmitz, président de l’Institut, qui désigne Xavier Bertrand et Sam Stourdzé comme étant « à l’initiative de ce projet » (The Art Newspaper, 23 novembre 2023).
Encore faudrait-il que l’expert soit neutre. Celui-ci ne pouvait pas l’être : les Rencontres d’Arles sont devenues membre fondateur de l’Institut, avec un siège de droit au conseil d’administration inscrit dans les statuts de décembre 2017. L’homme chargé de dire si la région avait besoin d’un nouvel équipement dirigeait l’institution qui allait le cofonder. On n’expertise pas un territoire quand on est candidat à s’y installer.
Et plus au fond, reste une question que j’ai plusieurs fois posée en neuf ans : où est cet état des lieux ? Il a justifié la création d’un équipement à trente-deux millions d’euros. Ce rapport n’a jamais été rendu public. Ni sa méthode, ni son périmètre, ni ses conclusions, ni la liste des structures consultées. C’est commode.
Je peux témoigner de ce qu’il a été, puisque j’étais censé en être l’un des interlocuteurs. Je dirigeais alors la Maison de la Photographie. Sam Stourdzé, directeur des Rencontres d’Arles, m’a contacté pour la première fois le 21 juin 2017. Non pour me poser une question sur la photographie en Hauts-de-France, mais pour m’annoncer la création de l’Institut. Six jours plus tard, le 27 juin, un sms m’invitait à l’annonce officielle, à Arles. Le 8 juillet, elle était faite. Dix-sept jours entre le premier contact et l’annonce. Aucune question posée, jamais.
Les autres ont vécu la même chose. Le président du CRP de Douchy, structure implantée depuis 1982, a raconté à 9 Lives qu’on leur avait demandé d’être présents pour l’annonce, qu’ils y sont allés à leurs frais, qu’ils ont écouté les discours et qu’ils n’ont servi à rien. Sa directrice a reconnu que les structures n’avaient pas été consultées en amont des réflexions. Nous étions le décor.
En juillet 2017, Sam Stourdzé dirigeait les Rencontres d’Arles depuis trois ans, dans une fonction à durée limitée. Il en partira en 2020. Je ne sais pas ce qu’il envisageait alors pour la suite de sa carrière… Mais je constate seulement ceci. L’institution qu’il dirigeait est donc devenue membre fondateur de l’Institut. La direction est revenue à une conservatrice qui avait travaillé plusieurs années à ses côtés au musée de l’Élysée, à Lausanne. Son épouse y est aujourd’hui responsable du programme de soutien à la recherche et à la création, seule titulaire de ce pôle. Et lui-même a été admis au conseil d’administration comme personnalité qualifiée, après l’annonce de son départ pour la Villa Médicis.
Et je ne mets en cause la compétence de personne, et surtout pas celle de la directrice de l’Institut, que chacun s’accorde à reconnaître. Mais je relève ceci : sa nomination a été annoncée par Xavier Bertrand le 8 juillet 2017, à Arles, le jour même de l’annonce du projet (France 3 Hauts-de-France). Le jour où la mission d’état des lieux était confiée, la direction était déjà pourvue. Je demande donc selon quelle procédure ces postes ont été pourvus. Appel à candidatures ? Jury ? Publicité ? Je n’en ai trouvé aucune trace. On pense plutôt là encore, au réseau personnel que Sam Stourdzé a activé.
La mission romaine de Sam Stourdzé s’achève en 2028. J’imagine déjà son nom dans l’organigramme de l’Institut. Disons que je regarderai. Car en réalité, toutes ces actions démontrent que l’ensemble de la création de ce méga-projet régional a été décidé en vase clos, et au profit d’un seul et même écosystème, excluant de fait une grande partie des acteurs régionaux.
Un dernier mot sur ce « partenariat fort ». Pas si fort que ça à mes yeux : car l’Etat n’est pas partenaire de l’Institut pour la Photo. On ne peut pas à la fois se réclamer d’une ambition nationale et n’obtenir de l’État qu’une signature de circonstance.
Car l’État siège au conseil d’administration, mais il ne finance ni l’investissement ni le fonctionnement courant de l’Institut. Pire : en juillet 2025, la ministre de la Culture, Rachida Dati, annonçait le lancement d’une mission de préfiguration pour un musée national de la photographie. Pas à Lille avec l’Institut, mais à Arles sur le site des Papeteries Étienne. Un musée national annoncé par l’État, porté par l’État, et dont le financement relèvera de l’État.
Quand un projet est solide, l’État s’y associe et il en porte une part. Neuf ans de préfiguration n’auront pas suffi à l’embarquer. Neuf ans que Xavier Bertrand se prévaut de ce partenariat, et il n’a pas obtenu de l’État pour Lille ce qu’Arles vient d’obtenir sans lui. J’y vois, pour ma part, un désaveu. Les Rencontres d’Arles siègent de droit au conseil d’administration d’un institut construit à Lille avec de l’argent régional. Le partenariat fonctionne dans un seul sens, non ?
2. Trente-deux millions d’euros pour 850 mètres carrés d’exposition
Selon M. Mulot, l’Institut porte « une nouvelle ambition photographique pour la Région au service de tous ses habitants ». Parlons-en. Voici ce qui a été annoncé, et ce qui a été livré.
À Arles, en juillet 2017, Xavier Bertrand annonce 6 000 à 8 000 mètres carrés et un budget de fonctionnement de 3 à 6 millions d’euros par an. Le programme de 2018 retient un bâtiment de 3 600 mètres carrés, dont 1 500 d’exposition et 1 500 de conservation (Le Journal des Arts, 2018).
Le projet architectural définitif, dévoilé en novembre 2023, porte sur environ 3 900 mètres carrés, dont un tiers de construction neuve. Et sur ces 3 900 mètres carrés, les salles d’exposition n’en occupent plus que 850 — contre 1 500 au programme initial. S’y ajoutent 650 mètres carrés de réserves, 750 d’espaces publics et 350 de jardins (The Art Newspaper, 23 novembre 2023 ; L’Œil de la Photographie, février 2024). Ces chiffres ne sont pas contestables : l’Institut les publie sur son propre site.
Voilà le chiffre qu’il faut retenir. Trente-deux millions d’euros d’argent public pour 850 mètres carrés d’exposition. Je me permets une comparaison. La Maison de la Photographie, à Fives, disposait de 900 mètres carrés, 600 mètres carrés d’exposition au rez-de-chaussée et 300 au premier étage. Cinquante de plus que le futur Institut, avec moins d’un vingtième de financement régional en trente ans.
Sur le calendrier d’ouverture, la série parle d’elle-même.
- Juillet 2017, Le Journal des Arts : le projet sera « une réalité dans moins d’un an ».
- Juillet 2018, La Voix du Nord : ouverture repoussée à fin 2020.
- Janvier 2019, La Voix du Nord : repoussée à 2021.
- Juin 2020, DailyNord : repoussée à mi-2022.
- Novembre 2021, DailyNord : repoussée à 2023.
- Octobre 2022, DailyNord : repoussée au printemps 2025, avec réduction du format.
- Novembre 2023, The Art Newspaper : chantier annoncé pour le dernier trimestre 2024, seize mois de travaux, livraison au premier semestre 2026.
- Décembre 2024, délibération régionale : livraison repoussée au second semestre 2026.
Quant au bâtiment lui-même : le 9-11 rue de Thionville, ancien lycée professionnel Édouard Lalo, a été évalué par la Direction de l’immobilier de l’État, le 10 septembre 2018, à 2 040 000 euros. La Métropole européenne de Lille l’a cédé à la Région pour un euro symbolique (délibération du 14 décembre 2018), au vu des travaux annoncés : 8,4 millions d’euros. Ils étaient chiffrés à 12 millions en décembre 2019 (Le Monde), puis à 16,23 millions d’euros hors taxes en novembre 2023 (The Art Newspaper ; Le Moniteur). Le double de l’engagement pris devant la Métropole pour obtenir le bâtiment à un euro.
La maîtrise d’œuvre a été confiée, à l’issue d’un concours, à Berger & Berger, cabinet d’architectes parisien, assisté pour le patrimoine de Lagneau Architectes, également parisien. N’y avait-il pas, dans cette région, de bons architectes ?
Nous sommes en septembre 2026. Le bâtiment reste majoritairement fermé depuis son acquisition. M. Mulot écrit que les travaux « prennent le temps nécessaire ». Neuf ans après la promesse de son président, c’est en effet une manière de le dire. Il indique également à la fin de son texte : « Le public et les artistes ont déjà foulé les parquets de ce lieu patrimonial remarquable de la rue de Thionville. » “Déjà” ? Oui, c’est arrivé qu’il soit ouvert, mais combien de jours depuis l’annonce du projet ? Au bas de chaque page du site de l’Institut, sous l’adresse du 11 rue de Thionville, on lit ces trois mots : « Site fermé temporairement ». Les bureaux administratifs, eux, sont au 7. Je ne nie ni les expositions hors les murs, ni la bibliothèque, ni les fonds conservés, ni le travail des équipes qui n’y sont pour rien. Je constate qu’un équipement annoncé pour être « une réalité dans moins d’un an » en 2017 n’a toujours pas ouvert ses portes en 2026, et qu’on a versé chaque année, pendant ce temps, le budget de fonctionnement d’une institution sans bâtiment. Et on appelle cela une “Ambition”.
3. La promesse d’une co-construction non tenue.
Selon M. Mulot, « nous ne partions pas d’une page blanche. Nous avons la chance en Hauts-de-France d’avoir des acteurs culturels engagés en matière de photographie ». Sur ce point, il dit vrai, et il ne sait pas à quel point.
Le 5 juillet 2018, en officialisant le choix du Vieux-Lille, Xavier Bertrand employait exactement cette formule. Il citait alors trois partenaires : la Maison de la Photographie à Lille, le Centre régional de la photographie de Douchy-les-Mines, les Photaumnales de Beauvais. Et il ajoutait que la gouvernance de l’Institut leur était ouverte. (La Voix du Nord, 5 juillet 2018). La réalité a bien été tout autre, car aucune de ces structures n’a été associée à cette gouvernance à ce jour.
Les statuts étaient adoptés depuis sept mois. Ils fixaient un conseil d’administration de cinq membres : la Région, les Rencontres d’Arles, une fondation bruxelloise et deux personnalités qualifiées. Sur cinq sièges, un seul revient à la région, celui de la collectivité qui paie. Pour la présidence, on est allé chercher Marin Karmitz.
Je n’ai rien contre Marin Karmitz, dont je respecte le profond engagement pour la photographie française. Je conteste ce que ce choix signifie. Dans une région qui compte le Fresnoy, Pictanovo, trois universités, des écoles d’art, le CRP de Douchy, Diaphane, le Château Coquelle, des conservateurs, des enseignants, des collectionneurs et des photographes reconnus bien au-delà de nos frontières, on n’a trouvé personne. Personne pour présider. Personne pour siéger. Personne, même, pour occuper un strapontin de personnalité qualifiée. Faut-il comprendre que les acteurs des Hauts-de-France n’étaient pas à la hauteur ? C’est le message qui a été reçu ici, et il n’a jamais été démenti : huit ans après, aucun des noms qui figurent aujourd’hui sur la page de gouvernance n’est d’ici.
Et c’est le 27 mars 2018 seulement, trois mois après les statuts et le jour même où la Région vote 1,75 million d’euros, que la délibération assigne enfin à la mission de préfiguration l’objectif de rencontrer les acteurs régionaux « afin d’identifier les compétences et les besoins sur le territoire ». Huit mois après la décision. Trois mois après la gouvernance.
M. Mulot appelle cela une ambition collective. J’appelle cela une décision prise seul, à laquelle on a ensuite cherché des partenaires. Pourtant, le 25 mars 2018, soixante-dix personnalités régionales, puis le 4 décembre 2018, cent photographes des Hauts-de-France, lançaient un appel public à Xavier Bertrand pour que leur voix soit prise en compte dans ce nouveau projet. Aucun d’eux ne siège rue de Thionville.
Il faut enfin rappeler ce que peu de gens savent. Entre 2017 et 2018, plusieurs villes se sont portées candidates pour accueillir l’Institut : Loos, Roubaix, Denain, Soissons. Des maires y ont vu, au regard des budgets annoncés, une chance pour leur territoire. Ils avaient raison. Un équipement de cette ampleur dans une ville qui n’en a pas, cela s’appelle de l’aménagement du territoire, et je l’ai écrit dès 2019 dans ma lettre ouverte à Xavier Bertrand : Transparence et équité pour la photographie en Hauts-de-France.
Ce que je contestais alors, et que je conteste toujours, n’est pas qu’on construise. C’est qu’on construise dans le Vieux-Lille, l’un des quartiers les plus favorisés de la métropole, à quelques stations de métro d’une Maison de la Photographie qui existait depuis vingt ans, pendant que Loos, Roubaix, Denain et Soissons rentraient chez elles les mains vides.
Les trois structures photographiques historiques de la région sont implantées à Fives, quartier prioritaire de la politique de la ville, à Douchy-les-Mines et dans l’Oise. En décembre 2020, la Cour des comptes constatait que l’attractivité des quartiers prioritaires avait peu progressé en dix ans malgré les moyens engagés, et que la paupérisation y accentuait les sentiments d’exclusion et de relégation. Sur les huit quartiers examinés en France, deux se trouvaient dans les Hauts-de-France : la Bourgogne à Tourcoing et les Provinces Françaises à Maubeuge. (Cour des comptes, 2 décembre 2020). Était-ce donc réellement un choix opportun, voire prioritaire, d’investir trente-deux millions d’euros pour la photographie dans les Hauts-de-France, dans un équipement situé à quelques minutes à pied de la Grand-Place de Lille ? Chacun pourra se faire son avis.
Un mot, enfin, sur le Cercle Hippolyte Bayard, que M. Mulot présente comme la preuve de la co-construction régionale. J’en découvre d’ailleurs l’existence en le lisant. Après recherche, il s’avère qu’il est né d’une charte signée en février 2024, près de sept ans après l’annonce d’Arles, sans statut, sans budget connu. Il réunit cinq structures : le CRP, Diaphane, l’Institut, le Château Coquelle et Destin Sensible, et se réunit deux fois par an. La Maison de la Photographie, nommément citée par le président de Région en 2018 parmi les partenaires du projet, n’en fait pas partie. Surtout, ce cercle n’est pas l’organe délibérant de l’Institut : il ne remplace pas un conseil d’administration, il n’en a ni les pouvoirs ni les responsabilités. Encore une fois, on crée une appellation de façade pour tenter de légitimer une concertation qui n’existe pas, comme au démarrage de l’Institut. Les structures qui y siègent font un travail remarquable ; ce n’est pas elles que je vise, mais l’usage que l’on fait de leur nom.
M. Mulot précise : “ce cercle nous rappelle que la photographie prend racine dans notre région et que nous devons avoir une ambition commune pour donner au 3ème art toute sa place”. La photographie en est d’ordinaire le huitième ; on mesure l’expertise.
4. Des partenariats prestigieux bien loin de l’isolement
Selon M. Mulot, « seul Monsieur Spillebout a préféré l’isolement jaloux de la maison de la photographie de Fives, refusant le dialogue, l’échange et la co-construction voulant s’arroger un monopole stérile et paresseux ». M. Mulot ne me connaît pas. Nous ne nous sommes jamais parlé. Il écrit sur trente ans de travail sans en connaître une ligne, et il n’a pas l’honnêteté élémentaire de reconnaître qu’il y avait, avant l’Institut, quelque chose dans cette région.
Ce faisant, ce n’est pas moi qu’il atteint. Ce sont les artistes exposés à Fives et dans toute la région depuis 1997, les galeristes et les directeurs de centres d’art européens qui ont travaillé avec nous, et les commissaires qui ont conçu les éditions successives des Transphotographiques : Jean-Luc Monterosso, Anne de Mondenard, Gabriel Bauret, Françoise Paviot, pour ne citer qu’eux. Voilà ceux qu’il efface d’un trait de plume, sans avoir jamais mis les pieds chez nous.
Il se prévaut d’un partenariat avec Arles pour mieux dénigrer la Maison de la Photographie, la décrivant comme isolée. Qu’il sache qu’en mars 2012, six ans avant l’Institut, la Maison Européenne de la Photographie de Paris, l’une des plus importantes institutions consacrées à la photographie dans le monde, signait un partenariat unique, pour faire de la Maison de la Photographie de Lille sa première antenne hors les murs. L’inauguration eut lieu le 13 avril 2012 autour d’une exposition de William Klein, en présence du photographe lui-même, de Jean-Luc Monterosso, fondateur et directeur de la MEP, de Martine Aubry, Maire de Lille, de l’adjoint à la culture de la Ville de Paris.
Nord Éclair titrait : “un Louvre-Lens version photographique” (Nord Éclair, 11 mars 2012). Ce travail étroit avec Jean-Luc Monterosso datait des Transphotographiques de 2004, et a permis sur plusieurs années d’accueillir de nombreuses autres expositions d’intérêt national comme celles de Martin Parr, Charlotte Rampling ou encore Costa-Gavras.
Autre partenariat fort : en 2016, un an avant les premières annonces de l’Institut, c’est avec l’International Center of Photography de New York et avec le Jeu de Paume à Paris que la Maison Photo signait des collaborations artistiques pour l’exposition CAPA au Tri Postal de Lille. Sans oublier les partenariats avec la BnF, avec la Philharmonie de Paris pour l’exposition “Daho l’aime pop !” et bien d’autres. Nous n’avions besoin ni de millions d’euros ni d’une annonce à l’autre bout de la France pour convaincre une grande institution nationale de venir travailler dans un quartier populaire de Lille. Il suffisait de faire le travail. Bref, curieuse appréciation sélective de l’isolement version M. Mulot.
Quant à la prétendue jalousie, je réaffirme que le fait que le projet de la Maison de la Photographie a été abîmé, principalement pour des raisons politiques, et largement documenté, n’invalide en rien la légitimité de mon regard critique sur l’initiative portée aujourd’hui par Xavier Bertrand. Réduire cette critique à de la jalousie serait un raccourci commode, qui évite de discuter du fond : l’ampleur des dépenses publiques engagées et la pertinence de ce méga-projet au regard des priorités collectives. Mon engagement pour une gestion raisonnée de l’argent public ne dépend pas de mon parcours personnel ni de la manière dont mes propres initiatives ont abouti ou non ; il relève d’une exigence de rigueur et de responsabilité que je défends indépendamment de mes intérêts particuliers.
Vouloir disqualifier une critique en lui prêtant une origine émotionnelle plutôt que de l’examiner sur ses arguments est d’ailleurs un procédé fréquent en politique. Je crois profondément que garder un esprit critique, y compris, et peut-être surtout, sur un sujet qui m’a personnellement concerné, ce n’est pas une faiblesse mais une cohérence : c’est précisément parce que je connais les enjeux de ce domaine que mon jugement mérite d’être entendu, et non écarté au nom d’un procès d’intention.
Quant au monopole que j’aurais perdu, je n’en ai jamais revendiqué aucun. Il existait, avant l’Institut, un paysage photographique solide dans les Hauts-de-France, où chaque structure avait son rôle et ses missions. J’ai créé la Maison de la Photographie en 1997 et les Transphotographiques en 2001 sans prendre la place de personne.
Celui qui a déstabilisé ce paysage, ce n’est pas moi. Dans Les Échos du 11 octobre 2019, Michèle Warnet écrivait que les lieux consacrés à la photographie ne manquaient pas dans la région, mais que la création de l’Institut à Lille déstabilisait certaines structures inquiètes pour leur pérennité (Les Échos, 11 octobre 2019). Ce n’est pas la plainte d’un concurrent jaloux : c’est le constat d’une journaliste économique, publié il y a sept ans.
5. Le moment viendra de se demander comment tous les garde-fous ont été franchis
Selon M. Mulot, « au dialogue, il a préféré les prétoires. Il les a tous perdus ». C’est exact. J’ai saisi la justice administrative, et je n’ai pas obtenu gain de cause. Mais M. Mulot oublie de dire sur quoi j’ai perdu. Le juge ne s’est pas prononcé sur le fond. Pas sur les montants. Pas sur les retards. Pas sur la gouvernance. Pas sur les dépassements. Il a jugé que je n’avais pas “intérêt à agir”.
L’absence d’intérêt à agir, c’est un drame bien français, et il dépasse largement cette affaire. C’est théoriquement une simple règle procédurale, mais en pratique c’est un verrou politique : il permet à l’administration de se soustraire au contrôle du juge en décrétant que les citoyens n’ont pas suffisamment « leur mot à dire » sur des décisions qui pourtant les concernent tous. C’est une manière de confisquer le débat démocratique en amont, en évitant que le fond (la légalité, la pertinence, l’impact réel des choix publics) soit seulement discuté. Sur le climat comme sur l’urbanisme, cette exigence sert avant tout à protéger les décideurs et les porteurs de projets du regard critique des citoyens et des associations, en écartant leurs recours au nom d’un intérêt jugé trop « diffus ». C’est un des paradoxes de notre droit administratif : plus l’enjeu est collectif et systémique, moins on a de titre à agir individuellement, alors que ce sont précisément ces enjeux-là qui appellent le plus de contrôle démocratique.
Contribuable lillois, contribuable régional, dirigeant d’une structure photographique directement affectée par la suppression de ses subventions, je n’avais donc pas, aux yeux du droit, de titre suffisant pour demander à un juge de regarder la légalité des délibérations de financement d’une structure para-régionale. La question n’a pas reçu de mauvaise réponse : elle n’a pas été posée.
Sur la dérive de la dépense publique, j’ai alerté le tribunal administratif sans être entendu. J’ai donc alerté la Chambre Régionale des Comptes. J’ai alerté le ministère de la Culture et l’Inspection générale des affaires culturelles. Aucune de ces saisines n’a déclenché de contrôle à ce jour. Mais, le moment viendra ; la vraie question ne sera pas seulement de savoir qui est responsable. Elle sera de savoir comment tous les garde-fous ont pu être franchis sans que rien ne s’allume. Car la responsabilité n’est pas celle d’un seul homme, et je l’ai écrit dans ma précédente tribune. Xavier Bertrand a porté ce projet, mais il ne l’a pas voté seul. Chaque délibération a été adoptée par des conseillers régionaux. Un dépassement de près de plusieurs millions d’euros a été approuvé sans qu’aucun d’entre eux ne le conteste publiquement. M. Mulot siège dans cette assemblée depuis juin 2021. Il aurait pu poser une seule de ces questions. Il a préféré écrire un texte sur moi.
6. Militer est un droit, pour eux comme pour moi
Selon M. Mulot, « à l’audace culturelle, M. Spillebout préfère la mesquine politique politicienne ». Puisque M. Mulot évoque mon engagement, j’y reviens.
J’ai été co-directeur de la campagne municipale de Violette Spillebout à Lille. Elle est mon épouse, et je l’assiste dans ses campagnes, municipales comme législatives. Je le fais parce que j’ai des convictions : je suis de ceux qui croient que les difficultés de ce pays peuvent s’améliorer si chacun y apporte sa pierre. Utiliser mon épouse pour esquiver une question budgétaire est une attaque basse. Elle ne me surprend pas : c’est déjà ce que Xavier Bertrand m’opposait dans La Voix du Nord en octobre 2018. Huit ans, et toujours la même réponse à une question de comptabilité publique. Elle se retourne d’ailleurs d’elle-même : aucun des proches de M. Mulot, ni lui-même, ne serait disqualifié à mes yeux par son engagement aux côtés de Xavier Bertrand. Militer est un droit, pour eux comme pour moi.
Le fond du problème est peut-être là. Pour un président de région, comme pour son conseiller régional, seuls les élus auraient le droit de parler politique. Le porteur de projet culturel, lui, devrait se taire et surtout ne pas critiquer la leur. A l’inverse, je ne lui dénie pas son strict droit à critiquer l’action du président de la République depuis dix ans. Je prends le mien et revendique ma liberté d’expression. Je rappelle que Xavier Bertrand porte un projet culturel dispendieux qui ne figurait pas dans son programme électoral initial et qu’il impose par la force. Qu’on ne vienne pas m’expliquer que je sors de mon rôle.
Un dernier mot, puisque M. Mulot parle des extrêmes en s’attaquant aux propositions politiques portées par mon épouse. Je crois profondément qu’en ce domaine là, il ferait mieux de balayer devant sa porte. Car, après dix ans de présidence Bertrand dans les Hauts-de-France, et malgré les fanfaronnades, jamais les extrêmes, de droite comme de gauche, n’ont été aussi puissants dans les villes de notre région. Je ne prétends pas qu’un institut fermé en explique le succès. Je dis qu’on ne combat pas les extrêmes avec une politique culturelle centralisée, élitiste et coûteuse, au détriment des quartiers populaires. Le bilan doit aussi se lire sous ce prisme.
7. La dérive budgétaire de l’Institut : un plancher, pas un plafond
Selon M. Mulot, « M. Spillebout réclame la rigueur pour tous, sauf pour lui. Il dénonce la dépense publique d’une main et réclame sa subvention de l’autre ». C’est son argument le moins pertinent.
Je réponds sans détour : oui, comme tout porteur de projet, je revendique le soutien à un projet culturel d’intérêt général porté depuis 30 ans par la Maison de la Photographie. D’ailleurs, la Région a apporté ce soutien sans discontinuité pendant près de vingt ans, sous des présidences successives, jusqu’à ce que Xavier Bertrand, à peine élu, lance son propre projet d’Institut. Et puisqu’il faut parler d’opportunité et de maîtrise de la dépense publique : depuis 1997, la Maison de la Photographie et les Transphotographiques ont reçu, cumulés, 1,4 million d’euros de subventions régionales. Le financement régional de la Maison de la Photographie en trois décennies représente moins de 5% de ce qui a été voté pour l’Institut pour la Photographie en 9 ans. C’était une des seules structures culturelles qui avait atteint en 2020 plus de 50% d’autofinancement, avec des ressources propres de mécénat et d’évènementiel la rendant moins dépendante des financements publics.
Voilà donc un projet exemplaire et précurseur dans la durée, peu coûteux pour le contribuable, et qui a démontré sa grande accessibilité à tous les publics. Il devrait même servir de modèle et inspirer les politiques publiques. Actuellement, ses subventions financent une action culturelle durable et ce travail est vérifiable : il l’est chaque semaine, dans les territoires des Hauts-de-France, et il est soutenu par l’État et par le Département du Nord. De ce travail, M. Mulot n’a pas eu la délicatesse de relever une ligne. Je l’invite à le découvrir à travers le site de la Maison de la Photographie, qui contient toutes les archives depuis sa création. Je l’enjoins également, en tant que conseiller régional soucieux de sa région, de convaincre Xavier Bertrand de soutenir de nouveau la Maison de la Photographie à sa juste valeur. Il s’honorerait à le faire.
On peut ne pas m’apprécier. On peut ne pas apprécier mes tribunes. Mais derrière la Maison de la Photographie, il n’y a pas qu’Olivier Spillebout : il y a des artistes, des publics, des ateliers dans des quartiers où l’on ne va pas souvent. Le respect que chacun doit aux responsables politiques se mesure aussi à l’équité de leurs décisions et à leur capacité à ne pas confondre une politique publique avec un différend personnel.
Et dans la qualité des décisions politiques, il y a, oui je le redis : “la rigueur pour tous”. Parlons donc maintenant des chiffres pour le grand projet Institut pour la Photographie. Additionnons ce qui est identifiable dans les délibérations de la Région Hauts-de-France.
Investissement, études et travaux : plus de 17 millions d’euros. L’apport initial de 300 000 euros en décembre 2017, les 250 000 euros d’études et 100 000 euros d’équipement de mars 2018, les 1 600 000 euros d’octobre 2018, les 14 800 000 euros affectés en octobre 2021, les 55 550 euros de 2024. Le seul budget des travaux, arrêté en novembre 2023, s’élève à 16,23 millions d’euros hors taxes (The Art Newspaper).
Fonctionnement, de 2018 à 2025 : 13 586 000 euros. 1 400 000 euros pour le programme de 2018, 700 000 euros pour 2019, puis 1 980 000 euros par an en 2020, 2021 et 2022, y compris pendant les confinements, alors que l’Institut était fermé au public. Ensuite 1 880 000 euros en 2023 et en 2024, et 1 786 000 euros en 2025. Pour 2021, le budget annexé à la délibération prévoyait à lui seul 917 422 euros de charges de personnel.
En 2018, 4,35 millions ont été votés ; la seule manifestation publique de l’année fut un colloque de trois jours.
Patrimoine public cédé : 2 040 000 euros (avis de la Direction de l’immobilier de l’État du 10 septembre 2018, délibération de la Métropole du 14 décembre 2018). Une mise à disposition conventionnée aurait permis d’atteindre le même résultat sans que la collectivité se dessaisisse de son actif.
Total : trente-deux millions d’euros.
Ce montant n’inclut ni la subvention de 2026, ni celle qui sera votée à la fin de cette année pour 2027. Il n’inclut pas non plus les dépenses supportées directement par les services de la Région (communication, maîtrise d’ouvrage, personnel mis à disposition). Ce chiffre est donc un plancher, pas un plafond.
Un mot aussi sur 2020 et 2021. L’Institut était fermé, comme tout le pays. Dans le bilan joint à la délibération régionale de décembre 2020, il est précisé : « une partie de l’équipe a été mise en télétravail ou en activité partielle ». L’activité partielle, c’est l’État, donc le contribuable national, qui prend en charge les salaires. La Région, elle, a maintenu sa subvention à 1 980 000 euros. La Région a-t-elle déduit de sa subvention ce que l’État avait pris en charge ? Et si elle ne l’a pas fait, à quoi cet argent a-t-il servi ?
Rappelons enfin que le budget prévisionnel de l’opération était estimé à 7,5 M€ au printemps 2018, puis à 8,4 M€ dans la délibération de la Métropole de décembre. La seule délibération du 5 octobre 2021 en affecte à elle seule 14,8 millions, près du double du budget prévisionnel, sans que ce dépassement ait figuré au débat d’orientation budgétaire.
Tout cela s’est déroulé pendant que les juridictions financières demandaient aux collectivités de faire des économies, pendant que la dette publique s’aggravait, et pendant qu’on expliquait aux petites structures culturelles qu’il fallait se serrer la ceinture. Le sujet des dépenses culturelles est réellement posé : le 19 novembre 2025, la Cour des comptes a même recommandé la suppression du Centre national des arts plastiques d’ici 2030. Motif : un modèle qui n’est pas soutenable, des aides dont l’impact sur la carrière des artistes n’est pas démontré, environ un quart des œuvres acquises jamais sorties des réserves. Et, détail qui devrait nous parler ici, un déménagement à Pantin dont le coût est passé de 50 à 98 millions d’euros.
Il y a là autre chose qu’une addition de malchances. Les budgets consacrés à la photographie et aux arts plastiques sont mal employés dans ce pays, et les Hauts-de-France n’y font pas exception : ils en offrent l’exemple le plus coûteux. C’est ce que je dis depuis 2017, sans avoir eu besoin d’attendre l’état actuel des finances publiques.
Faut-il ajouter que je ne partage ni les positions politiques de Xavier Bertrand, ni ses propositions pour la France, ni sa politique régionale pour la photographie ? Non, car cela ne fait offense à personne. Un citoyen a le droit de le dire, et un porteur de projet qui travaille depuis trente ans dans cette région a quelques titres à le faire. Mes critiques ne sont pas gratuites : elles s’appuient sur des délibérations, des dates, des montants et des documents que je publie. M. Bertrand est à nouveau candidat à l’élection présidentielle. On peut donc poser la question sans malice : celui qui veut gouverner la France ne supporterait-il pas qu’un citoyen de sa propre région lui demande des comptes sur trente-deux millions d’euros ?
Une remarque, pendant que nous parlons d’argent public. Je trouve injuste que la dette française et l’état de nos comptes soient imputés aux seuls gouvernements successifs. Les exécutifs locaux y ont leur part, et elle est lourde. Peu d’élus ont eu la sagesse de comprendre que le budget de la nation est directement affecté par des dépenses territoriales déraisonnables. Certains l’ont compris, et l’ont payé politiquement. Xavier Bertrand, lui, considère encore qu’un équipement à trente-deux millions d’euros est un bon investissement quand il n’ouvre pas. Car il y a, chez certains responsables, une idée tenace : que dépenser sans compter dans la culture confère une envergure nationale. C’est une erreur de jugement, et elle coûte cher au contribuable.
8. L’IA, nous en usons tous, y compris le président de Région
Selon M. Mulot, « il invoque les États généraux de la photographie et la menace que l’Intelligence Artificielle fait peser sur les photographes, dans un billet de blog qu’il illustre lui-même par une photographie générée par intelligence artificielle ». M. Mulot croit tenir là son argument massue : j’aurais illustré une tribune évoquant la menace de l’IA par une image générée par IA, et je l’aurais avoué en légende, comme si l’aveu valait absolution.
Il n’y a pas d’aveu. Il y a une mention, délibérée, parce que c’est ainsi qu’on doit faire. Et il y a une parodie, assumée : le visuel détourne l’affiche « Say Cheeeese! » de l’Institut pour représenter Xavier Bertrand et moi-même souriant côte à côte. Quant au reproche, M. Mulot aurait pu vérifier ce qu’avait publié son président. Le 9 juillet 2026, pour promouvoir sa tribune de Libération consacrée à la création, Xavier Bertrand publiait sur X une série de visuels que la plateforme elle-même a étiquetés : « Fabriqué avec l’IA ». Deux mois avant de me le reprocher. (Voir le tweet ici).
Je ne lui en fais pas grief, et c’est précisément là que je veux en venir. L’intelligence artificielle est entrée dans la production des images et elle n’en sortira pas. La vraie question n’est pas de savoir qui en use, puisque nous en usons tous, y compris le président de Région : elle est de savoir comment on la déclare, comment on rémunère les auteurs dont les œuvres ont servi à l’entraîner, et comment on prépare les photographes et les structures à ce bouleversement.
C’est un travail que nous menons à la Maison de la Photographie, avec des tables rondes consacrées à ces questions, comme par exemple le jeudi 16 octobre 2025, en partenariat avec Lille Avenirs sur le thème « Devenir et être photographe à l’ère de l’IA : quels statuts, quels droits, quelles opportunités ? ».
9. Cinq questions qui ne coûtent rien
Selon M. Mulot, « l’Institut n’appartient à personne, surtout pas à celui qui voudrait qu’il n’existe pas ». Sur la première moitié de la phrase, nous sommes d’accord. Il appartient aux contribuables des Hauts-de-France, qui l’ont payé et dont la plupart ne l’on ont jamais visité.
Je ne demande pas sa fermeture. Je n’ai jamais souhaité qu’il n’existe pas : j’ai demandé, dès 2018, qu’il soit construit avec ceux qui faisaient déjà ce travail. On a préféré le construire contre eux. Je ne crie pas non plus au scandale, parce que rien n’autorise à ce stade à parler d’irrégularité. Je dis qu’un tel écart entre l’annonce et le résultat, sur de tels montants et sur une telle durée, relève d’un contrôle. La Chambre Régionale des Comptes existe pour cela, et je souhaite qu’elle s’en saisisse.
Je demande cinq choses, et elles ne coûtent rien :
- Le détail public des sommes engagées depuis 2017, investissement et fonctionnement confondus, délibération par délibération.
- La publication de l’état des lieux de la photographie régionale établi en 2017 : sa méthode, son périmètre, ses conclusions, la liste des structures consultées.
- La surface définitive du bâtiment et son coût au mètre carré.
- La procédure de recrutement des postes de direction et d’encadrement depuis la création de l’Institut.
- L’entrée effective des structures photographiques régionales au conseil d’administration, comme cela avait été annoncé publiquement en juillet 2018.
Dans un texte de deux pages consacré à trente-deux millions d’euros d’argent public, M. Mulot n’a répondu à aucune de ces questions. Je note enfin qu’il me reproche d’avoir refusé la conversation, dans un billet dont il a désactivé les commentaires.
Olivier Spillebout, fondateur de la Maison de la Photographie de Lille et du festival Transphotographiques.
Source :
- Blog MEDIAPART du 07/02/2019 : Pour une culture durable de la photographie
- Blog MEDIAPART du 06/10/2021 : 5 ans de perdus pour la photographie en Hauts-de-France
- Blog MEDIAPART du 08/09/2026 : Comment cramer trente-deux millions d’euros !
- Blog MEDIAPART du 01/10/2026 : Trente-deux millions d’euros, et toujours pas de transparence..
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