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Maison de la Photographie / Lille / Hauts-de-France
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Benjamin Géminel : Kadogos

Exposition du mercredi 8 avril au dimanche 10 mai 2015
Vernissage le mercredi 8 avril à 18h30

 

La Grande Guerre Africaine, ou Deuxième guerre du Congo, est devenue la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale. On estime entre trois et six millions, le nombre de victimes depuis août 1998, pour le seul Congo. Enrôlés de force ou volontaires, pour manger, pour se venger, des milliers d’enfants se retrouvent dans les groupes armés. On les appelle les Kadogos. On leur a appris à se battre, à voler les minerais aux mains des forces ennemies. Ils ne coûtent pas cher, avec un peu d’argent ou la promesse de pillages rentables, ils rejoignent les milices. Avec un peu de drogue, ils n’ont plus peur de rien. Chez les Maï Maï, de la bouillie et quelques gris-gris suffisent aux enfants pour monter en première ligne, sans armes à feu, mais simplement avec des lances, des machettes. Un peu de nourriture, quelques habits, et les filles se donnent aux soldats. Au plus fort de la guerre, on avançait le chiffre de trente mille enfants vivant avec des groupes armés, un triste record mondial pour la République Démocratique du Congo.
Des opérations de démobilisation ont été mises en œuvre par l’ONU dès la signature de l’accord de paix de 2003. Elles ont permis de libérer et de réinsérer dix-huit mille enfants.
En ce mois de juillet 2013, à Bukavu, ils sont quatre-vingt enfants soldats, tout juste sortis des groupes armés, à être pris en charge par l’équipe du Bureau pour le Volontariat au Service de l’Enfance et de la Santé qui va les aider à se reconstruire. Ils sont nombreux à avoir tué, pillé, violé. Ils ont vu la mort, ils ont connu la faim, la drogue, l’alcool, la solitude, l’abandon, la prostitution. Ils ont entre 12 et 17 ans et ne sont plus vraiment des enfants. L’armée leur a tout donné. L’arme c’est leur père, l’arme c’est leur mère. Elle a forgé leur identité. Le responsable du Bureau, Muna Murhabazi, aussi surnommé « Papa directeur », s’est entouré d’anthropologues, de travailleurs sociaux, de psychologues et pour la deuxième année consécutive, de Frédérique Lecomte, sociologue et metteur en scène belge, dont j’ai pu suivre le travail mené avec son association Théâtre et Réconciliation.
Avec elle, les enfants soldats disposent d’un mois pour écrire, répéter et jouer un spectacle. Ce sera rapide, violent. La matière du récit sera leur vécu et leur accessoire, une arme en bois qu’ils ont construite et avec laquelle je les ai invités à poser. Pour commencer leur vie d’adulte, ils devront se replonger une dernière fois dans les atrocités du passé. Il faudra aller droit au but pour se souvenir, raconter, mettre en forme leur «vie de souffrance». Cette catharsis accomplie, ils pourront enfin devenir maîtres de leur avenir et recouvrer une identité.

Benjamin Géminel

Né en 1976, Benjamin Géminel est photographe et réalisateur de documentaires. Autodidacte, il a grandi à Nanterre où il commence un travail photographique sur le quotidien des bars et des SDF. Il effectue en parallèle de nombreux reportages pour la presse locale de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine puis publie régulièrement dans le journal L’Humanité.
Installé à Marseille, il privilégie les sujets de société, réalisant des projets photographiques pour des collectivités territoriales en France ou à l’étranger, au sein du collectif Itinérances notamment. Également photographe de personnalités politiques, il réalise un reportage sur la campagne présidentielle de François Hollande en 2012. Quel que soit son sujet, Benjamin Géminel photographie toujours au plus près des gens, choisissant d’appréhender tout travail de commande comme une recherche personnelle.
La série «Kadogos», qui reçoit le coup de cœur du jury de la Bourse du Talent #58 Portrait 2014, s’inclut dans un projet transmédia composé d’un livre, d’un film documentaire et d’un web-documentaire, dont la sortie est prévue pour l’automne 2015. Le Comité International de la Croix Rouge, l’UNICEF, France Libertés et la Fédération Léo Lagrange soutiennent le projet.

 

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Exposition réalisée en partenariat avec Photographie.com

 

 

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Horaires :
Ouvert du jeudi au dimanche de 11h à 18h.
Attention : en raison d’événements privés, il est possible que la Maison de la Photographie soit fermée au public certains jours.

Tarifs :
Normal 8€ / Réduit 5€ ( Carte étudiant, seniors + 65ans , demandeurs d’emplois, détenteurs de carte famille nombreuse )
Gratuit ( Enfants de – 8 ans, bénéficiaires du RSA, personnes à mobilité réduite + 1 accompagnant et lors du vernissage de l’exposition).

 

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