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Maison de la Photographie / Lille / Hauts-de-France
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La Gazette : Objectif mode

Objectif mode

Avec près de 100 000 visiteurs lors de l’édition 2007, les Transphotographiques s’affirment désormais comme le rendez‐vous majeur de la photo après les célèbres Rencontres d’Arles en été. L’an dernier, la manifestation abordait le cinéma sous tous les angles. Cette année, la mode sera dévoilée sous toutes les coutures grâce à 34 expositions (dont une douzaine inédites en France) et le regard forcément singulier de 137 artistes. Parmi ceux‐ci, un invité d’honneur et de marque : Karl Lagerfeld. De quoi aiguiser sa perception et ses sens jusqu’au 29 juin…

Pour leur 7e édition, les Transphotographiques explorent les liens ténus entre la photographie et la mode. Déjà, lors des années précédentes, une large place avait été donnée à des photographes dont le travail est inséparable de la haute couture, tels Peter Lindberg en 2003 ou Bettina Reims en 2004. Devenue en 2008 la thématique générale, la mode sera approchée par différents regards décalés afin de faire surgir les singularités d’un sujet que chacun peut s’approprier dans les magazines. Transgresser donc les images reçues mais aussi explorer un thème profondément ancré dans l’histoire de la région comme l’atteste l’exposition “Surfaces sensibles” qui lève le voile sur les joyaux de la collection du musée des Beaux- Arts et de la Dentelle de Calais (hospice Comtesse à Lille) ou encore l’exposition “La Redoute, une histoire de modes et de photographies” visible à la Condition publique de Roubaix.

Karl Lagerfeld à Lille

Devenu un lieu culturel emblématique de la capitale des Flandres depuis Lille 2004 et surtout depuis l’exposition Pinault, le Tri postal accueille 300 clichés de Karl Lagerfeld pour une exposition-installation intitulée “One man shown”. Car le célèbre créateur de mode cultive depuis longtemps une passion pour la photographie et présente ici un travail personnel étalé sur sept ans où, sous son objectif, il habille et déshabille Brad Kroenig, icône au corps sublime et au regard magnétique. La citation d’Ovide en exergue de l’exposition suggère ainsi les multiples métamorphoses du modèle sous le regard amoureux et distancié, proche et lointain, de Karl Lagerfeld (lequel sera présent le 12 juin à 18h30 lors du vernissage officiel).

Parmi les autres personnalités artistiques de premier plan, quelques grands noms de la photographie sont célébrés tel David Seidner, artiste américain décédé il y a une dizaine d’années et dont l’œuvre fait l’objet d’une importante rétrospective (plus de 200 clichés) au palais des Beaux-Arts de Lille. Photographe attitré de la maison Yves Saint-Laurent pendant de nombreuses années, David Seidner abordait la mode à travers le prisme de l’art comme dans la série “Histoire” où plane l’ombre de ces toiles de maîtres avec l’aristocratie européenne comme sujet. Auparavant, au début de cette superbe exposition, le public aura pu voir ces silhouettes découpées pour Valentino et Chanel ou encore ces diptyques presque conceptuels attestant que l’artiste avait une connaissance aiguisée de l’histoire de l’art. Son esthétique se veut plus radicale avec la série “Portraits d’artistes” où, en noir et blanc et selon un cadrage identique, il photographie le visage de stars comme Sophie Calle, Robert Wilson ou Roy Lichtenstein en jouant admirablement sur l’ombre et la lumière. Sa série de “Nus”, enfin, reprend le même principe répétitif, créant un effet vertigineux de ces corps vus de dos saisis dans leur puissance ou leur fragilité. Une œuvre intemporelle avec la beauté comme seul canon esthétique… Un hommage à Jeanloup Sieff est également rendu à travers 64 + 4 inédits mode (Tri postal) et Peter Knapp, photographe et directeur artistique du magazine Elle pendant plus de dix ans, propose une série de clichés intitulée “Temps de pause 1960-1980” (Colysée de Lambersart).

Cependant, comme le souligne Olivier Spillebout, commissaire général de la manifestation, les Transphotographiques s’attachent aussi à nous faire découvrir de nouveaux talents, les futures stars de l’objectif. Parmi ses coups de cœur, la jeune artiste tchèque Teresa Vlckova dont le travail s’affiche à travers trois expositions : “Two” où une série de portraits de petites filles au regard souvent inquiétant évoque les jumelles du Shining de Stanley Kubrick, puis “A perfect day, Elise”, clichés d’une jeune fille en harmonie avec la nature, en lévitation spirituelle (Tri postal) et enfin “Little Garden” au Colysée de Lambersart (jusqu’au 25 mai). A noter parmi la pléthore d’expositions, celle consacrée au baron de Meyer, précurseur de la photo de mode (Maison de la photographie, 18, rue Frémy à Lille) ou encore le regard in vivo de Julien Claessens sur les coulisses des défilés de mode à travers l’exposition “Diachrony – Dans les backstages d’Olivier Theyskens” (Tri postal). Sans oublier, certains clichés de lauréats du prix Arcimboldo, jeunes artistes prometteurs à l’univers singulier comme Jean-Baptiste Barret qui fait surgir de la fiction décalée au cœur de paysages urbains ultraréalistes. Enfin, le partenariat du festival avec la légendaire revue Photo permet de (re)voir quelques-unes des plus belles couvertures du magazine prises par les plus grands noms de la photographie contemporaine. L’un des points d’orgue d’un festival désormais annuel (et toujours d’une gratuité exemplaire même si la question se pose chaque année) qui donne l’image d’une région ouverte sur le monde et solidement ancrée dans la modernité.

Patrick Beaumont, La Gazette 22 mai 2008

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Depuis 1997, l'Atelier de la Photo, devenu en 2003 la Maison de la Photographie, présente à Lille le meilleur de la Photographie internationale, tout en soutenant la création régionale et la pratique amateur.