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Maison de la Photographie / Lille / Hauts-de-France
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Voix du Nord : clic-clac de fin à la Maison de la photo, acculée à la fermeture définitive

Clic-clac de fin à la Maison de la photo, acculée à la fermeture définitive

 

Étranglée depuis deux ans par l’assèchement de ses financements publics, achevée par la crise sanitaire, la Maison de la photo fermera ses portes après une ultime exposition. Le directeur de l’équipement, Olivier Spillebout, en rend la ville responsable.

Rien n’y aura fait. Ni les horaires réduits, ni le bénévolat, ni les appels à l’aide. « La réalité s’impose à nous. On est au bout », constate le directeur de la Maison de la photo, Olivier Spillebout. Au terme d’une ultime expo (lire ci-dessous), le lieu d’art et d’image fivois, né sous sa forme définitive en 2003, tirera sa révérence. « Derrière les beaux discours sur la culture, on laisse mourir un outil dans les quartiers  », lâche, amer, Olivier Spillebout. Qui, sans surprise, rend Martine Aubry responsable de cette issue fatale.

La Maison était en sursis depuis que la mairie, principal financeur public de l’association, avait coupé sa subvention de 130 000 €, début 2018. Un casus belli. D’un côté, le maire et son adjointe à la culture justifiaient leur décision par la gestion hasardeuse et la fragilité de la Maison. De l’autre, M. Spillebout et son conseil d’administration contestaient cette petite musique en brandissant leurs comptes annuels certifiés et dénonçaient un assassinat politique.

Il faut dire que le directeur, qui partage la vie de l’opposante municipale LREM Violette Spillebout, est depuis quinze ans le seul patron de structure lilloise à critiquer publiquement les choix de la municipalité et le poids pris par lille3000, le bras armé événementiel de la ville qui draine chaque année un quart (2,5 millions en 2020) des subventions aux associations culturelles.

Deux ans de survie

Autre coup dur, l’émergence d’un mastodonte, l’Institut pour la photographie voulu par Xavier Bertrand. En 2018, le président des Hauts-de-France, avec la bénédiction de Martine Aubry, choisissait Lille pour implanter ce nouvel équipement doté de deux millions d’euros de subventions annuelles de la Région. Lille était-elle assez grande pour deux lieux dédiés à la photo ? On ne le saura jamais.

Sur le fil du rasoir, la Maison s’est maintenue à flots grâce à son activité événementielle, des réceptions entre ses murs. « Ça ne nous suffisait pas à fonctionner normalement, mais ça nous a permis de survivre. » Jusqu’à 2020, et cette crise sanitaire qui a vidé le carnet de réservations. Le coup de grâce. Dès lors, les jours de l’association aux quatre salariés étaient comptés.

Olivier Spillebout, qui vit au-dessus de la Maison, en a revendu les murs après en avoir été longtemps propriétaire. Il dit ignorer les intentions de son bailleur pour la suite. « C’est triste pour la culture à Lille, pour les quartiers, pour la photographie en région. »

Resteront en mémoire les grandes heures d’une Maison et d’un festival, les Transphotographiques, qui à son apogée, dans les années 2000, se rêva en rival nordiste des Rencontres d’Arles. L’ascension fut foudroyante. La chute aussi.

Sébastien Berges pour la Voix du Nord du 8 septembre 2020, article complet ici

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Depuis 1997, l'Atelier de la Photo, devenu en 2003 la Maison de la Photographie, présente à Lille le meilleur de la Photographie internationale, tout en soutenant la création régionale et la pratique amateur.