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Maison de la Photographie / Lille / Hauts-de-France
 

La brillante intervention de Marion Gautier en Conseil Municipal

 

Lille, le 22 Juin 2020

Lettre ouverte à Marion Gautier.

Madame l’Adjointe,

 Vous vous êtes permise lors du Conseil Municipal du 12 juin dernier, de recommencer à dénigrer publiquement la structure que je dirige, la Maison de la Photographie. Après avoir supprimé son budget de fonctionnement il y a deux ans, vous y avez justifié la suppression de la dernière subvention publique pour le Festival Transphotographiques.

Si je comprends que vous souhaitiez utiliser ce dossier culturel pour régler des comptes politiques, en vous servant de l’assemblée du Conseil Municipal comme auditoire, je comprends aussi que vous continuez délibérément à déformer la réalité, à raconter des mensonges, à caricaturer notre situation, ce qui ne fait pas honneur à votre fonction d’élue à la culture.

Vous dénoncez une part trop importante de financement public dans le budget 2020, alors que la Maison de la Photographie mettait en avant depuis plusieurs années ses 40% d’autofinancement. 

Votre attitude est indécente, car vous le savez, la crise sanitaire du COVID-19 a beaucoup affaibli les établissement culturels, notamment sur la part d’auto-financement : les recettes liées à la billetterie, aux stages, aux conférences, aux évènements et privatisations se sont réduites drastiquement et ce, pour de nombreux mois.

Nous reprochez-vous d’avoir été bon gestionnaires, honnêtes, transparents, en adressant aux collectivités fin avril un budget 2020 de fonctionnement corrigé, qui tient compte de cette crise du COVID et de la suppression des recettes de tous évènements privatifs sur 6 à 8 mois ? Il était  de notre devoir de le faire, en intégrant cette chute des recettes privées, remontant ainsi fortement la part du financement public, comme vous l’avez souligné. 

Quant à la qualité du dossier artistique 2020 des Transphotographiques, que vous qualifiez de “vide, ridicule, pas sérieux”, je n’ai pas de mots pour répondre réellement… Les Transphotographiques, c’est un festival qui aura bientôt 20 ans, qui fait venir à chaque édition les plus grands artistes du monde entier, et qui est reconnu internationalement. Ces années de travail et d’expositions qui ont marqué les esprits à Lille et en Région, auraient mérité respect et confiance. Bien sûr, le festival est plus réduit que les années précédentes, mais ce sont les choix de la Ville de lille qui en sont les seuls responsables. Je constate qu’on ne peut pas attendre respect et confiance d’une élue à la culture totalement absente du terrain, méprisante, et qui n’aura laissé aucune trace de son passage dans l’histoire culturelle lilloise.

Enfin, vous concluez votre brillante intervention en Conseil Municipal, par des accusations graves : association “mal gérée, aucune transparence, qui ment à ses partenaires financiers, pas viable”.

Sur  le “pas viable”, vous aurez peut-être eu raison…. et pouvez en être fière : après des années de travail, vos actions pour me décrédibiliser et salir la Maison de la Photographie, associées aux restrictions de la crise sanitaire, nous forceront certainement à mettre la clef sous la porte d’ici quelques mois.

En revanche, sur le reste, j’ai deux choses à vous dire : 

Les comptes de la Maison de la Photographie sont certifiés chaque année par un Commissaire aux Comptes. L’association a subi toutes sortes de contrôles ces dernières années : URSSAF, Inspection du Travail, impôts, sans aucune remarque finale, et a été auditée à deux reprises en 2007 et 2017 par la société Deloitte.

En revanche, la ville de Lille, principal subventionneur de Lille3000 me semble bien mal placée pour donner des leçons de bonne gestion et de transparence : dois-je vous rappeler que l’association a été épinglée par la Cour de Comptes sur sa trésorerie de 5 millions d’euros placée en banque, sur les niveaux de salaires indécents, ou encore sur le manque d’évaluation de son impact culturel ? Et que malgré ces alertes, vous avez refusé toutes les demandes des groupes d’opposition pour que la structure soit auditée par un organisme indépendant.

Avec le Maire de Lille, en tant qu’élue à la culture, vous avez pris un engagement, pendant la crise du COVID-19, de maintenir les subventions à tout le secteur culturel, même quand les projets ne pourront être réalisés. Vous avez aussi annoncé un Fonds de solidarité. 

Je comprends, par vos mots de ce 12 juin 2020, à quel point toutes ces annonces ne sont que communication pré-électorale et tromperie auprès de vos administrés.

Je garde beaucoup de fierté pour le projet culturel que j’ai créé à Lille. Je suppose que vous en avez beaucoup moins dans le rôle de fossoyeur que vous a confié le Maire de Lille.

Cordialement

Olivier Spillebout

 

intervention de François Kinget au Conseil Municipal du 12 juin 2020

 

 


20 Minutes du 31 mars 2019 :

Lille: L’asso culturelle «Lille 3000» critiquée par la Chambre des comptes

Déficit d’évaluation, exercice comptable non conforme, omerta sur les hauts salaires… Un mois avant l’ouverture d’« Eldorado », le nouveau festival culturel organisé par Lille 3000, la Chambre régionale des comptes (CRC) dénoncent quelques détails de la gestion financière de l’asso lilloise, créée en 2010, pour mettre en place des manifestations culturelles d’ampleur, dans la lignée de « Lille 2004, capitale européenne de la culture ».

Une comptabilité pas toujours conforme

« La situation financière de l’association est satisfaisante et elle dispose d’une trésorerie importante : 5,8 millions placés majoritairement sur des valeurs mobilières », souligne la CRC. Néanmoins un déficit cumulé de 1,5 million traîne depuis la période 2006-2009. Les magistrats constatent aussi que parfois, « les aides, dont l’asso bénéficie [pour organiser des événements], ne sont pas pour autant reversés pour défaut de réalisation. » Ce fut le cas pour le projet de rétrospective du peintre Ladislas Kijno en 2016.

Des hauts salaires qui posent question

L’information sur la rémunération des trois plus hauts cadres dirigeants est restée absente des comptes jusqu’en 2016. Il a fallu une intervention de la CRC pour qu’elle apparaisse à partir de 2017. Le cas de Didier Fusillier, ancien directeur artistique, est emblématique. Entre 2000 et 2015, il a occupé trois emplois de direction à Lille 3000, mais aussi au Manège de Maubeuge et à la MAC de Créteil.

« Or, entre 2012 et 2015, il a reçu un salaire brut moyen de 8.200 par mois, correspondant à 60 % de sa rémunération à temps plein, au lieu de 33 % », note la CRC qui estime un revenu brut cumulé à environ 20.500 euros. Depuis 2015, en tant que conseiller artistique de Lille 3000, il ne touche plus que 4.300 euros bruts, mais « pour 9 heures de travail par semaine ».

Absence d’évaluation fiable

« L’absence d’objectifs quantitatifs et qualitatifs prédéfinis, Lille 3000 n’est pas en mesure d’évaluer sa propre action et de rendre compte de la satisfaction du public », indique la CRC. Impossible de mesurer précisément la fréquentation.

Quant aux retombées économiques sur le territoire, la CRC doute du chiffre affiché de 110 à 150 millions à propos de l’événement « Renaissance » en 2015. A partir des données touristiques et d’une enquête de la Métropole de Lille (MEL), la CRC a recalculé des gains autour de 65 millions. Dans sa réponse, la MEL précise qu’elle « commandite des études en termes de retombées économiques lors de chaque événement ».

20 Minutes du 31 mars 2019 : Lille: L’asso culturelle «Lille 3000» critiquée par la Chambre des comptes

 


 

Voix du Nord du 11 décembre 2019 :

Eldorado et les chiffres, la saison lille3000 de toutes les exagérations ?