Suivez-nous sur les réseaux sociaux
Maison de la Photographie / Lille / Hauts-de-France
1-16 of 24 results for sexdolls showing most relevant results.
 

Voix du Nord : L’Amérique de Jean-Pierre Laffont, l’autre expo coup de poing des Transphotos 2016

L’Amérique de Jean-Pierre Laffont, l’autre expo coup de poing des Transphotos 2016

Un soir, dans un bar, un Noir costaud tape sur l’épaule de Jean-Pierre Laffont. Il tonne : « Did you call me nigger  ? » Et puis éclate de rire. « C’était un blagueur », sourit le photographe. C’était surtout Mohamed Ali.

On plaint les visiteurs de « Tumultueuse Amérique », l’ébouriffante rétrospective de Jean-Pierre Laffont, au Tripostal. Ils en ressortiront, bien sûr, le sang fouetté par la vibration de ces États-Unis-là, candides, cyniques, imprévisibles, violents, écartelés entre flower power et bombes au napalm. Mais nul cartel ne saura étancher la curiosité soulevée par ces tirages et ces passionnantes planches contact, où se bousculent l’époque et ses totems, Nixon, le pasteur King, Bob Kennedy, les hippies, la Gay Pride, le New York interlope de la 42e rue. Sauf peut-être à avoir la chance, comme nous, d’y croiser l’auteur.

« Je faisais des photos bêtes »

«  Le reportage, c’est ce que j’ai toujours voulu faire », dit Jean-Pierre Laffont. Il y a un demi-siècle, il s’envole pour New York pour monter une agence de presse avec un copain. L’agence ne se fera pas. Il enchaîne les boulots, s’échine dans un labo, décroche un job à Status, un magazine mondain. «  J’y faisais des photos bêtes », décrit l’octogénaire, qui pour bouffer shootait aussi des pubs pour des clopes. Ce qui n’empêche pas le jeune époux d’Éliane, « la plus avisée des éditrices », d’user de son Leica à d’autres fins. Comme avec ces travestis qui tapinent près de Broadway, dont il surprend la vie diurne.

Tout bascule en 1969. Le New York Times relate la découverte de cadavres dans une prison de l’Arkansas. Jean-Pierre fonce au pénitencier de Cummins, où les détenus en fin de peine étaient promus matons. Match publiera son reportage. Premier d’une longue série de celui qui parcourra bientôt le monde pour les agences Gamma, puis Sygma. Sans jamais perdre de vue son pays d’adoption. Gay Pride. Gangs de New York. Paysans étranglés. Watergate. Concert hippie. Construction des Twin Towers.

À la porte de la légende

Le 8 mars 1971, il est au Madison Square Garden pour le premier des trois mythiques combats Ali-Frazier. Ou plutôt, à la porte de la salle, faute d’accréditation. Alors il photographie le public. Il y capte un démentiel défilé d’élégants, sapeurs Noirs à l’exubérance sixties, accrochés en tirages géants au Tripo. Reportage raté fut-il jamais plus réussi ?

Sébastien Bergès

Written by

Depuis 1997, l'Atelier de la Photo, devenu en 2003 la Maison de la Photographie, présente à Lille le meilleur de la Photographie internationale, tout en soutenant la création régionale et la pratique amateur.