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Maison de la Photographie / Lille / Hauts-de-France
 

Sandra Calligaro : Afghan dream

Exposition du 5 juin au 6 juillet 2014

 

Si la guerre –les opérations de la coalition, les attentats, le retour des Talibans– a focalisé le regard depuis dix ans, ce qui me frappe en revoyant Kaboul régulièrement depuis vingt ans, c’est l’émergence d’une nouvelle classe urbaine occidentalisée, vivant de l’afflux d’argent qui a suivi la coalition à partir de 2001. Loin des clichés de l’Afghanistan enturbanné, les nouveaux urbains se croisent dans les supermarchés de Kaboul, le portable à l’oreille.
Les vêtements, surtout masculins, sont plus ajustés, mettant en valeur la fréquentation des salles de musculation et transformant les pratiques corporelles (comment uriner accroupi dans un jean moulant ?). Dans l’espace privé, les logements plus petits accé- lèrent le passage à des unités familiales réduites où les enfants disposent de leur chambre et la hiérarchie des âges se modifie au détriment des anciens dont l’autorité est sapée par les évolutions sociales et technologiques.
L’émergence de cette classe moyenne urbaine ne va pas sans tensions internes ; les codes contradictoires coexistent dans un bricolage improvisé. L’invité se rend compte que le premier salon à l’occidentale sert surtout comme signe d’ascension sociale ; la vie familiale quotidienne se passe dans une autre pièce, où l’on s’assoit par terre, de façon traditionnelle.
L’espace public est également fragmenté : les lieux de sociabilité des classes moyennes (cafés, restaurants, salles de gym) sont largement fermés aux classes populaires dont les valeurs et les références sont largement en contradiction avec les leurs. Le retrait de la coalition pourrait bien amener la disparition de ce groupe urbain porteur d’un projet de modernisation opposé à celui des Talibans – et même d’une partie des élites politiques actuelles. Témoigner de son existence est donc important aujourd’hui, avant que les évènements n’emportent ce témoignage fragile de ce qu’aurait pu devenir l’Afghanistan.
Gilles Dorronsoro
Sandra Calligaro est une photographe française indépendante, représentée par l’agence Picturetank. Après avoir suivi des études d’art et de photographie à l’Université Paris VIII, elle fait un premier voyage en Afghanistan en 2007. La photographe s’y installe et depuis six ans, elle alterne reportages pour les médias français et européens et commandes institutionnelles pour le compte d’ONG et organisations internationales.
Parallèlement, elle mène un travail d’auteur et ses recherches photographiques s’orientent aujourd’hui selon deux axes : la ville de Kaboul, qu’elle photographie avec une certaine distance, en opposition avec la violence des images de presse, et d’autre part l’émergence d’une nouvelle classe urbaine dans la capitale afghane. Sa série Afghan Dream a été en partie réalisée grâce à une bourse du Centre National de Arts Plastiques (fonds d’aide à la photographie documentaire).
Gilles Dorronsoro est titulaire d’un doctorat en sociologie politique et professeur en relations internationales à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Spécialiste de l’Afghanistan contemporain, il a récemment publié Waiting for the Taliban in Afghanistan (Fondation Carnegie pour la Paix Internationale).

 

 

Exposition organisée dans le cadre des Transphotographiques au Tri Postal à Lille

 

En savoir plus

 

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Horaires :
Ouvert du jeudi au dimanche de 11h à 18h.
Attention : en raison d’événements privés, il est possible que la Maison de la Photographie soit fermée au public certains jours.

Tarifs :
Normal 8€ / Réduit 5€ ( Carte étudiant, seniors + 65ans , demandeurs d’emplois, détenteurs de carte famille nombreuse )
Gratuit ( Enfants de – 8 ans, bénéficiaires du RSA, personnes à mobilité réduite + 1 accompagnant et lors du vernissage de l’exposition).

Exposition réalisée en partenariat avec Photographie.com

 

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